Nazioartetik Donostiara
Conversaciones Católicas Internacionales de San Sebastián
(1935. 1947-[1958]-1959)
Joseba Intxausti
ERANSKINAK
BESTE ZENBAIT AGIRI JAKINGARRIAK
EUSKO ERRESISTENTZIAK BANATURIKO
TESTUA (1949)
Monsieur:
Le thème central des Conversations Catholiques Internationales 1948
était: "Le respect des droits de l'homme dans les législations des divers
Etats". Celui qui a été signalé aux Conversations 1949 n'est rien moins
que "Le dirigeant de l'opinion et l'harmonie entre les peuples".
La tâche qu'on vous propose dans votre condition de personalités marquantes
du catholicisme mondial est à ne pas douter des plus hobles; les efforts
que vous y mettrez des plus louables; les conclusions où vous aboutirez
des plus sages. Nous n'en doutons pas. Tout serait pour le mieux s'il n'y
serait pour tout gâter l'intention sournoise des organisateurs et leur
dépendance averée du Ministère espagnol des Affaires Etrangères.
Si cela vous surprend, si cela vous parait même incroyable, vous n'avez
qu'à reconsiderer les personnages, l'ambiance, le lieu... Mais à reconsiderer
surtout les resultats pratiques de votre labeur de 1948 et les causes qui
vous empechèrent d'arriver à des conclusions précises et claires qu'on
avait le droit d'espérer de le bonne foi, la labeur et la lucisité de toute
personne appartenant à l'élite de l'intellectualité catholique mondiale.
Il vous sera facile d'aboutir à une bien triste conclusion: Là où vous
creyez faire de la bonne besogne, vous ne faites que collaborer dans une
manoeuvre politique de la pire espéce dont vous êtes les dupes.
D'abord, comment ne pas trouver bizarre cette coincide le singulière
que pour discuter "les droits de l'homme dans les législations des Etats"
on vous réunit là précisement où l'Etat ne reconnait pratiquement le moindre
des croits de la personalité humaine? Qu'on dire aussi de ce hasard —si
recherché pourtant— qui vous invite à considerer "le dirigeant de l'opinion"
au sein même d'un Etat dont la caracteristique essentielle est celle d'interdire,
de poursuivre, de mater toute opinion, ou du moins toute opinion contraire
à l'opinion des dirigeants? Comment ne pas se montrer choque du fait qu'on
vous propose de rechercher les moyens aptes a développer "l'harmonie entre
les peuples" là justement où les recteurs préchent et ce qui est encore
pire pratiquent, la desunion, voir même la haine entre les secteurs de
leur propre peuple?
Vous pouvez vous dire que c'est pour cela même qu'on a choisi l'Etat
espagnol comme siège de ces Conversations. Le remède serait ainsi plus
près de la maladie, à la portée des dirigeants. Ceux-ci, peut-être, malavisés
auparavant, desirerent faire demi-tour et profiter pour cela de vos conseils
et de votre lucidité... Il n'en est rien.
Nous autres, les Basques, sommes très enclins dans nos discusions à
l'emploi de l'apologue. Cela vaut bien d'autres recours et rend claires
souvent des choses qui paraissaient confuses. Permettes nous de recourir
pour une fois à une méthode que nous est si chère.
Voilà un petit peuple dont la couleur ni la situation n'importent pas.
Ce petit peuple s'est adonné au cannibalisme. Le roi, les caciques, une
partie des prêtres —en tête quelque uns des plus haut placés— prêchent
au petit peuple les avantages, culinaires et autres, d'un si savoreux régime.
Les voisins du petit peuple regardent cependant avec horreur ce système
dont la civilisation les a liberés depuis des siècles. Et les caciques
du petit peuple, conscients de cette horreur qui inspirent, déterminent
un jour de convoquer chez eux certaines Conversations Anticannibalistiques.
Des prêtres, des personnalités appartenant à des pays voisins y seront
invités. Comme-ça, les bien pensants de ces pays, et même les bien pensants
du monde entier cro^ront impossible l'existence du cannibalisme dans un
peuple qui réunit tout de réelevantes personnalités à la seule fin de condanner
l'anthropophagie. Le cannibalisme du petit peuple n'etait donc qu'une lègende,
une création de la propagande ennemie. Dans le pire des cas, si le petit
peuple pratiqua un jour le cannibalisme ce fût l'affaire des circonstances,
et le voilà bien decidé, ce petit peuple, à faire amende honorable et ne
plus manger l'homme à l'avenir.
Comme-ça, n'est-ce pas?, l'aval fourni par les bien pensants permettra
au roi, aux caciques et à quelques uns des grands prêtres du petit peuple
de continuer à s'offrir au gres de leur appetit quelques bons rotis de
la viande interdite.
De point en point c'est bien celui-ci le plan établi par les organisateurs
des Conversations Catholiques. C'est votre aval qu'ils recherchent. C'est
votre collaboration qu'ils poursuivent. Et bien que nous seyons sûrs de
votre gonne foi et de la rectitude des vos intentions, c'est pour nous
bien triste à constater que cette collaboration et cet aval vous les leur
avez donnés, même sans le vouloir.
Certes, nous savons bien que quelques-uns parmi vous avez mené le bon
combat lors des Conversations 1948. Nous vous savons bon gré de vos efforts.
Mais la malignité des organisateurs a reussi à les rendre inutiles.
Personne en effet n'a su de ces nobles efforts. Ni la presse ni la radio
ni les bulletins épiscopauz ni les feuilles parrochiales, s'en sont fait
écho. Pas un livre, pas une brochure, pas une coniérance, pas une cahîre
recuillirent le moindre de vos propos. Le peuple ignora que la verité catholique,
les orientations vraiement orthodoxes dans la matière avaient eu parmi
vous de brillants defenseurs. Par contre, tous les journaux, la plus grande
partie des postes emotteurs et bien d'autres movens ont répandu la grande
nouvelle: "La verité sur l'Espagne se frais chemin dans le monde. Des personnalités
catholiques arrivés de partout établissent une chartre des droits de la
personne humaine. C'est à Saint-Sebastien, au sein même de cet Etat accuse
dans le monde de méptriser la dignité de l'homme, de pietiner les plus
sacrés des drotis humains qu'on vient précisement de les affirmer en leur
donnant, pour dire ainsi, leur Onartre Constitutionelle. Glorifions Franco,
auteur de toutes ces choses!"
Et vous voilà, Messieurs des Conversations Catholiques Internationales,
convertis en thuriferaires du Caudillo. Et voilà ce même Caudillo souriant
du petit tour qu'il vient de vous jouer s'apprêter pour des nouveaux répas
de chair humaine.
Peut-être n'importe quel directeur d'hebdomadaire catholique —mettons
anglais, par exemple— vous dira qu'il s'agît de la viande "rouge". Il y
a de personnes pour qui la couleur prime tout. Mais, vous savez bien que
l'homme passe avant le chrétien et qu'on ne saurait établir une "Chartre
des Droits de l'homme Chrétien" mais de l'homme tout court.
Ce n'est, au surplus, pour consolider la fraternité et l'harmonie entre
les seuls peuples chrétiens qu'on vous a convoqué à Saint-Sebastien pour
cette anné 1949, mais pour rechercher cette harmonie et cette fraternité
entre tous les peuples: catholiques —s'il y en avait qui mériteraient cet
appelatif— simplement chrétiens, mahométans, bouddisthes ou autres quelques
soient leur couleur, leur situation ou leurs croyences.
Si cela ne suffirait pas, voilà que ce n'est que de la viande "rouge"
que les franquistes déchirent et dévorent, mais de la chair chrétienne,
voir même catholique. La chair de vos frères, les catholiques espagnols,
dont une grande partie, Messieurs, repugne Franco. Le chair des catholiques
basque qui dans leur rosque unamité abnorent Franco aussi.
On pourrait dire que dans notre pays, ce pays basque dont vous siégez,
c'est justement contre les catholiques que Franco rène de préference le
combat. L'interdiction des droits de l'homme frappe les basques dans le
terrain politique avez plus de dureté qu'il ne le fait peut être ailleurs.
Le droit à la liberté personnelle, le droit à l'expression libre de nos
sentiments, le droit d'être jugés par de tribunaux civils composés par
proffesionels, le droit de reunion, d'assotiation politique, sociale ou
autre, les garanties dans la procedure, le droit d'appel...tout cela nous
est refussé comme c'est le cas pour des espagnols. Mais en mettant peut-être
plus de mauvaise volonté, plus d'haine que partout.
Non obstant, c'est dans le champ de la religion que Franco distinguo
spécialement le peuple basque. On vous réfuse d'avoir un Prélat basque,
un Pasteur issu d'entre nous, connaisant notre langue, notre idosyncrasie
et nos besoins spirituels. On interdit l'emploie de l'idiome basque même
dans les modestes hebdomadaires edités par des congrégations religieuses.
On mantient dans l'exil à d'innombrables prêtres basques qui honnoreraient
par leur formation et par leurs vertus n'importe lequel des clergés catholiques
les mieux reputés. On postpose dans la désignation des charges la sagesse,
l'experience, l'âge, même la vertu en faveur de l'accommodation, la soumision,
voir l'habilité dans le maniement de l'encensoir devant les ventrus Bouddhas
franquistes. On met d'entravers à la prédication, on dénonce les prêtres
qui croyant encore à la liberté de la chaire osent rien qu'effleurer un
thème quelconque innocent en soi mais qui éveille la méfiance des autorités
ecclesiastiques, civiles, militaires ou de la police...
Nous n'en finirions jamais. Ajoutons cependant un dernier détail. Même
la mort ne trouve pas de grâce devant le franquisme. Un temps fût ou les
autorités franquistes interdirent dans leur barbarie la célebration de
funerailles à la memoira des victimes du Caudillo. Nous n'en sommes pas
là, mais lors du decés de personnes très connues comme antifranquistes
ont a vu recemment les policiers prévenir certains curés en leur impossant
l'obligation (?) de communiquer aux autorités le nom et l'adresse des personnes
qui auraient commandé la celebration d'une simple messe pour l'âme du défunt.
Il y a seulement quelques jours, au surplus, dans ce même mois qui voit
transcourir vos Conversations Catholiques, les funerailles de M. Andrés
de Arzelus annoncés pour onze heures et demie de deux septembre, à l'église
paroissiale de Santa Maria durent être avancés à huit heures et demie du
même jour, le curé se bornant à dire qu'il avait reçu l'ordre pour ce changement
inattendu. On se proposait, naturellement, dépister ceux qui voudraient
y assiter. Mais s'ils s'attendaient à voir le temple presque vide, ils
durent bientôt déchanter à la vue d'une assitence innombrable et inacoutumée.
Les faits sont notoires. A point sur, vous ne les ignorez pas, Messieurs
qui assistez aux Conversations Catholiques. Mais ce que vous ignorez peut-être
c'est la réaction du peuple devant ces Conversations réunies pour discuter
sur des libertés aux lieux mêmes où ces libertés sont cyniquement et synthèmatiquement
violées.
Imaginez vous le chevet d'un homme mourant de faim entouré des savants
les mieux reputés. Imaginez que ces savants au lieu d'agir, au lieu de
chercher les moyens d'apporter au famélique du pain et de la viande, se
mettent à discuter sur les avantages du pain blais par rapport au pain
blanc, ou sur les vertus nutritives du porc, du boeuf ou du mouton. Imaginez
encore le malade conscient non seulement de qu'on ne l'apportera pas de
secour, mais conscient encore de que quelqu'un proffitera de la savante
réunion pour glorifier l'homme que l'a terrassé, lui, le mourant, en liu
privant du pain et de la viande aux quels avait droit incontestable. Quoi
détonnant, alors, si la victime se sent detachée de ces grands savants,
et les considère par trop maifs ou par trop interessés? Quoi de surprennant
si pour qualifier certaines attitudes montre au livre de l'agonisant le
seul mot capable de résumer la situation: PHARISAISME?
C'est bien triste; mais c'est bien vrai. La plus grande partie des catholiques
basques, réactionent comme le ferait cet agonisant imaginaire: La majorité
averée des basques catholiques SE SCANDALISENT, pure et simplement, devant
ces Conversations.
Ils ne peuvent pas pénetrer les intentions de ceux d'entre vous qui
étes venus pleins de bonne foi. Il ignorent les combats que plusieurs parmi
vous avez libré en 1948 contre l'intransigeance retardataire et féroce
de quelques catholiques espagnols. Ils s'attendent, les Conversations finies
et tous vous reintegrés à vos foyers, à la inevitable exaltation "de cet
Espagne, si grande et si catholique qu'elle tente d'établir et même codifier
ces Droits qu'on l'accuse injustement de piétiner". Et de tout celà ils
tirent peu de flateusses conclusions:
Organiser au sein d'un Etat totalitaire des réunions catholiques sous
couleur de chercher la protection des libertés humaines, mais avec le propos
bien defini d'affermir le régime totalitaire, c'est de la tartuferie.
Attirer des personnalités étrangères en leur parlant de la fraternité
entre les peuple, mais on leur cachant la haine qui dechire le peuple même
où ils doivent sièger, c'est de l'escroquerie.
S'entretenir béatement des libertés de réunion, de syndication, d'expression
au sein du peuple ou tout parti, toute propagande, tout syndicat, sont
interdits, persecutés haineusement, matés dans leur initiation; où il n'y
a de presse libre; où les prisons regorgent de malhereux dont le crime
n'est autre que la distribution de quelques petites feuilles —dans la prison
de Saint-Sebastien se trouvent plusieurs jeune étudiants catholiques accusés
de ce délit—; causer placidement des libertés humaines tandis que la bête
franquiste se livre contre elles à des ruades... tout celà, c'est de l'hypocresie.
Les Conversations 1948 n'apportarent pas aux Basques une virgule de
liberté, et pour cause. Ce n'était pas des libertés de que les organisateurs
chechaient mais des appuis pour Franco dans le champ du catholicisme mondial.
De façon analogue, le basque sait bien que les Conversations 1949 ne lui
apporterent pas la moindre particule de fraternité. Il connaît bien Franco,
l'homme que dans la ceremonie qui rememorait la perte dans la guerre espagnole
du batiment "Castillo de Olite", criait cette déprécation haineuse, blasphématoire:
"Accordez, Seigneur à nos morts le répos éternel, et REFUSEZ-LE A NOS ENNEMIS".
Ces mots pronnoncés à dix ans prés la guerre finie, pourraient bien
inspirer le thème des Conversations Catholiques en 1950: "La fraternité
dans le Christ à l'interieur des Etats ultra-catholiques".
Il fallait dire tout cela et cela est dit. Nous vous saluons, Messieurs
les assistants aux Conversations Catholiques Internationales; nous remercions
de tout coeur ceux d'entre vous qu'avez prouvé être à la hauterer de votre
tâche, et prions que Dieu preserve vos patries respectives de ces grands
fléaux de la réligion qu'on contemple rarement isolés et que s'appellent:
Eglise protegée, Pharisaisme et Dictature.
LA RESISTENCE BASQUE
[Solasaldien Artxibategian jasotako aletik hartua]
ELKARRIZKETAREN LAN-MOLDEAK (1954)
QUELQUES INDICATIONS PRATIQUES CONCERNANT LA METHODE DE TRAVAIL DES
CONVERSATIONS
I.- Afin que les Conversations répondent à leur nom, c'est à dire,
qu'elles soient, dans la mesure du possible, des vraies conversations,
il est convenable d'éviter les discours, les longues monologues et toute
sorte de bavardages, plus ou moins érudits. Notre travail ne faira que
s'en bénéficier dans son ensemble.
II.- Des interventions brèves (5 à 10 mn.) précises et substantielles,
sur des points concrets, pas trop écartés du sujet qui attire à chaque
moment l'attention générale, sont recommandées. A cet égard, la Direction
des débats emploiera son autorité en faveur du "bien commun" et elle se
montrera d'une inflexibilité mathématique —atempérée le cas échéant, par
la prudence—. Elle demande pardon d'avance á ses "victimes".
III.- Il n'y aura pas des exposés d'ensemble sur les rapports envoyés.
La plupart de ceux-ci ayant été répandus d'avance, on espère que tous les
participants, les auront déjà lus et médités.
IV. Un plan de travail approché sera difusé avant chaque séance. Dans
ce plan là, la Direction des débats proposera des questions comètes et
elle invitera à certains des conversants —de préférence à ceux qui ont
envoyé des communications— à s'y exprimer sur les questions prescrites.
[Itxura guztiz, K. Santamariak prestatu eta zabalduriko arauak. Solasaldietako
Artxibategiko kopia}
A. DE BOVIS, S.J.: HISTORIA ETA IRITZIAK
(1955)
A PROPOS DES «CONVERSACIONES CATOLICAS INTERNACIONALES»*
C'est en 1935 que s'ouvrirent pour la première fois les «Cursos Internacionales
Católicos» de Saint-Sébastien (Espagne). Dès 1934, l'évêque de Vitoria
avait constitué le Comité qui devait soutenir et patronner l'oeuvre entreprise.
A ces «cours» étaient invités les intellectuels catholiques de tous
les pays. Le but qui leur était proposé était de contribuer «a esta obra
de restauración de la conciencia católica». Comment y parvenir? En s'efforçant
de formuler un programme doctrinal après information. L'ensemble de ce
travail devait constituer une base de collaboration intellectuelle et les
auteurs du projet espéraient ainsi promouvoir «la charité intellectuelle,
vertu très souvent oubliée».
On débuta, à l'époque, en envisageant la position du christianisme et
sa nouveauté en face du monde contemporain, «afin de s;orienter à une nouvelle
prédication de l'Evangile». Mais en 1936, les cours durent cesser, en raison
de la conjoncture politique espagnole. C'est seulement en 1947 que l'oeuvre
repart sous son titre actuel, «Conversaciones Católicas Internacionales».
La formule était un peu modifiée. La réunion durait huit jours seulement
au lieu d'un mois. Désormais, on se proposait plus directement de confronter
les mentalités catholiques qui se forment dans les différentes nations
en présence d'un même problème. aussi ne voulait-on point tellement tirer
des conclusions que s'inviter mutuellement à la réflexion, se compléter
réciproquement en face des questions actuelles. C'est ainsi que, de 1947
à 1954, on voit défiler, sur la scène des «Conversations», tous les sujets
qui occupent la conscience chrétienne en ces dernières années, entre autres:
la personne humaine (1948), la paix internationale (1949), l'évolution
du sens patriotique (1951), l'efficacité temporelle du christianisme (1952),
la place des laïcs dans l'Eglise (1953).
Pour prolonguer l'oeuvre et la rendre plus efficace, on devait bientôt
apercevoir la nécessité de lui donner «une trame permanente et un rayonnement
continu vers l'extérieur». Bien que les «Conversations» prennent fin, «la
session continue dans les pages des Documentos», qui veulent offrir matière
à réflexion sur les problèmes contemporains.
En 1954, on se réunissait une fois de plus, dans le but d'étudier l'obéissance,
sujet brûlant. L'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne,
l'Italie, la Suisse étaient représentées. Sous la présidence de M. Carlos
Santamaria Ansa1 et sous sa direction habile et patiente, l'echange de
vues eut lieu autour de quatre thèmes principaux: fondements théologiques
et bibliques de l'obéissance, — obéissance dans l'Eglise, ses degrés selon
les domaines et selon les personnes: prêtre, religieux, laïc,— obéissance
dans la société civile, — prophétisme et liberté. On s'y efforça tantôt
de donner la «température» de l'esprit actuel, tantôt de dégager des principes,
tantôt de juger des applications.
Dans les pages qui suivent et veulent être un compte rendu au moins
partiel, on s'attachera uniquement à quelques problèmes théologiques qui
ont traversé les débats. vrai dire, les orateurs, comme il arrive souvent
en ce genre de réunion, se côtoient plus qu'ils ne s'affrontent. Aussi
vaut-il mieux grouper les idées autor de quelques centres plutôt que de
suivre les méandres de la discussion orale. Cette méthode change, sans
aucun doute, la physionomie du congrès, mais elle a l'avantage d'une plus
grande logique. Au surplus, on ne se défendra pas d'ajouter les réflexions
que la matière suggère. aussi, ce compte rendu est un chois —on en a pleinement
conscience—, et parfois un commentaire dont les «Conversations» ne sont
pas responsables.
* Nouvelle Revue Théologique. Museum Lessianum. Section Théologique.
87ª année. Nº 3, Mars 1955, t. 77. 282-283 or. (Revue mensuelle publiée
sous la direction du Collège Philosophique et Théologique S.J. St. Albert.
Louvain).
1 M.C. Santamaria Ansa est la cheville ouvrière de ces «Conversations».
La IXe réunion (26 juillet-31 juillet 1954) lui a dû, comme les précédentes,
de conserver un caractère de dialogue, caractère difficile à maintenir
dans une assamblée de soixante personnes. Elle lui a dû aussi une organisation
matérielle vraiment parfaite.
J.M. BOCHENSKI-ren ZALANTZAK (1957)
a) Bochenski-k Santamariari
J.M. Bochenski
Professeur à l'Université
Fribourg
1. Pl.G. Python-Tél. 22802
16.7.1957
Monsieur
Carlos Santamaria
Directeur
Conversaciones Católicas Concerne: Conv. 1957
Internacionales Référence: 12.7.57
San Sebastian Class.: RE/S
Espagne
Monsieur le Directeur,
Les Conversations de San Sebastian me sont bien connues et vous remercie
de l'honneur que vous me faitez par votre aimable invitation d'y prendre
part cette année.
Il m'est, cependant assez difficile de vous dire si je pense que ma
présence à ces Conversations est vraiment utile. Je ne suis que savant,
spécialisé dans des recherches spéculatives, très éloigné des questions
ecclesiastiques pratiques; en particulier, je connais mal et comprends
encore moins bien les problèmes de l'Eglise en France qui semblent commander
la XII-e recontre.
Dans ces conditions je devrais, me semble-t-il, répondre par la négative.
Cependant le sujet de votre réunion a un intérêt direct pour moi, car il
s'agit du langage, donc de quelque chose, à quoi un logicien mathématique
attache une grande importance. Seulement, voila ce que je crains: on parlera
du langage à la manière des journalistes, sans connaissance des problèmes
difficiles de la sémiotique moderne, en particulier je serais enclin à
parier que la majorité des participants n'aura jamais entendu parler de
la pragmatique qui, cependant, sera l'obejt principal des débats.
Pardonner-moi ma franchisse. Je sais très bien qu'il y a d'autres préoccupations
que les miennes, que la vie passe souvent en dehors de la science. Ce n'est
pas une critique que j'avance, mais des considération qui tendent à jusitifier
mes doutes sur l'opportunité de ma présence. En somme, je crains qu'un
homme de mon type n'aurait pas grand chose à dire dans votre réunion. Ne
serais-ce pas mieux qu'elle se déroule selons les raisons du coeur que
la raison ne comprends pas, sans entraves causées par la présence du logicien
froid et abstrait que je suis?
J'espère que vous ne prendrez pas mes perplexités pour un manque d'estime
à l'égard de l'institution brillante et tellement utile que sont vos Conversations.
J'aimerais vous assurer que je me sents grandement honoré par votre invitation
et vus prie de croire à mes sentiments de considération distingués.
M. Bochenski
b) Santamariak Bochenski-ri
M. Le Prof. J.M. Bochenski
Fribourg
Monsieur le Professeur:
J'ai lu avec une grande attention votre lettre du 16. En réalité je
ne suis pas à même de vous, tirer de votre perplexité. En effet, notre
réunion n'est pas une seance de spécialistes et je crains beaucoup qu'elle
vous déplaise de ce point de vue-là.
Ces Conversations ne sont qu'une dialogue entre des gens de professions
très diverses, dans lesquelles chacun peut apporter quelque chose selon
sa spécialité, mais il n'y a pas lieu à une analyse rigeureuse du problème
du langage. Je crois que votre présence pourrait illustrer beaucoup certaine
points délicats. Moi, même je suis mathématicien, et j'ai travaillé pendant
plusieur années à des problèmes de topologia. J'ai fait ma thème doctorale
sur un sujet concernant les notions fondamentales possibles des espaces
topologiques.
Je comprends très bien votre attitude et votre hésitation. Le travail
que je fais actuellement est beaucoup plus modeste mais en même temps plus
humain, car je tâche de mettre en contact les gens, en leur faisant sortir
des cercles isolants où ils se trouvent renfermés.
Pour un philosophe, notre réunion est aussi décevante à cause de la
confussion qu'on y constate. Mois cette confusion est-ce qu'elle n'est
pas celle du monde actuel? C'est justement cette diversité du langage,
que j'ai constaté dans nos séances, ce qui m'a suggéré le thème de cette
année. Parfois, des philosophes qui sont venus à nos séances m'ont dit:
"C'est terriblement difficile de se faire comprendre ici, car chacun a
son vocabulaire". Alors, je me suis rendu compte que le monde actuel n'a
pas un langage cohérent, et que la confusion qui règne dans nos séances
n'est que le reflet de l'equivosité universelle dans laquelle nous vivons
actuellement. Je n'ose pas trop insister.
Si vous venez à Saint-Sébastien vous contribuerez au moins avec votre
présence illustre, à soutenir une oeuvre modeste, mais qui ne manque quand
même d'intérêt. C'est l'autre jour, en parlant avec Monsieur Luna, que
vous connaissez, probablement, que votre nom est venu à têtes comme un
grand spécialiste possible du sujet. Voici la cause de cette invitation
tardive que j'aurais voulu vous envoyer beaucoup plus tôt.
Dans l'espoir d'une participation encore possible, recevez, cher Monsieur
le Professeur, l'expression de mes sentiments les plus respectueux.
C. Santamaria
[Solasaldien Artxibategiko kopia]
TEOLOGOEN BATZORDEAZ (1956)
NOTA SOBRE EL POSIBLE FUNCIONAMIENTO DE LA COMISION DE TEOLOGOS
Al terminar cada sesión los teólogos redactarán una nota de 15 a 20
líneas conteniendo una especie de resumen o síntesis de lo tratado dentro
de la cual se subrayarán —como quien no quiere la cosa— todas las ideas
fundamentales que parezca necesario consolidar.
(La nota anterior se reparte a los conversadores juntamente con el plan
de trabajo de la sesión siguiente y como cosa de la organización).
Como ya se sabe desde ahora lo que se va a tratar en cada sesión (ver
plan distribuído) y se dispone de las memorias correspondientes, se puede
tener redactado un proyecto de nota para discutirlo entre los teólogos
al término de la sesión. (Adjunto un ejemplo de esta nota previa). Este
prospecto puede estar preparado de antemano tomándose incluso palabras
de los rapports fundamentales. El texto preparado previamente puede facilitar
el trabajo de última hora. ¿Quién redactará este prospecto?
El texto de los teólogos debe ser entregado lo más pronto posible una
vez acabada la sesión para dar tiempo a que sea policopiado antes de la
sesión siguiente y distribuído a tiempo a los conversadores. Se ruega en
esto mucho cuidado pues de lo contrario todo se estropearía.
Los resumenes de cada día se van reuniendo y al término de las Conversaciones
se tiene ya preparada una especie de resumen general que no es otra cosa
sino la suma de los resumenes parciales. Antes de separarse los teólogos
examinan este texto base y lo retocan quedando de este modo redactada la
síntesis final que será enviada al Sr. Nuncio.
Conviene también que antes de abandonar San Sebastián los teólogos hayan
dado por escrito su Nihil Obstat para la publicación de cada una de las
memorias o rapports de las Conversaciones a fin de ternerlas preparadas
para el caso de que se publiques o sus reparos a la publicación.
[Solasaldien Artxibategiko kopia]
SOLASALDIEN ATZERAPENAZ GUTUNA (1958)
Anexo V
Copia de la carta dirigida por Don Carlos Santamaría a los invitados
a las conversaciones de 1958 anunciándoles la suspensión de éstas.
El Comité organizador de nuestras Conversaciones acaba de recibir nuevas
instrucciones de la Santa Sede sobre la organización y el método de trabajo
de nuestras sesiones. Como quiera que el plazo de que disponemos para poner
en ejecución tales normas es demasiado breve, hemos decidido aplazar la
seseión que había de celebrarse en la primera semana de Septiembre, hasta
una fecha ulterior, probablemente hasta el verano próximo. Queremos, en
efecto, tener la seguridad de una aplicación fiel y perfecta de las instrucciones
recibidas, las cuales han de contribuir, seguramente, a un mayor y mejor
desarrollo de la obra.
Lamentaría mucho que este aplazamiento le ocasionara a usted algún trastorno
en sus planes de verano. Le tendré al corriente de nuestros proyectos.
Ya que las circunstancias nos privan por ahora del placer de saludarle
y de colaborar con usted en el inolvidable cuadro de las Conversaciones,
le envío juntamente con la expresión de mis mejores deseos un saludo muy
afectuoso y cordial.
(Esta carta fué enviada a cada uno de los invitados a partir del día
25 de julio)
[Solasaldien Artxibategiko kopia]
TEOLOGOEN BATZORDEAREN AZKEN
AKTA (1959)
ACTA FINAL DE LA COMISION DE TEOLOGOS
Reunida la Comisión de teólogos, al final de las Conversaciones, declara:
1) Que, en cumplimiento del Reglamento de las Conversaciones Católicas
Internacionales, cada día ha celebrado una reunión, al término de cada
una de las nueve sesiones, en la que se han analizado las ponencias y las
ideas expuestas en los diálogos a que aquéllas dieron origen.
2) Que, como resumen de cada una de las dichas sesiones, se ha levantado
un acta en la que se han expuesto las doctrinas fundamentales desarrolladas
en las ponencias y en las conversaciones subsiguientes, de todas las cuales
actas se adjunta una copia debidamente firmada por los teólogos de la Comisión
asistentes a cada una de las sesiones.
3) Que cada día se repartió también una copia de tales actas entre todos
los conversantes.
4) Que tiene la satisfacción de poder manifestar, en un juicio general,
que a lo largo de todas las Conversaciones Católicas Internacionales del
año 1959,
a) se ha mantenido un tono de altura científica y de una seriedad encomiable;
b) los diálogos se han desarrollado constantemente en la línea de una
ortodoxia pura, cuidando, además, de hacer referencias constantes al magisterio
de la Iglesia sobre todos los temas debatidos, singularmente en los discursos
de Pio XII, de feliz memoria;
c) también han sido citados constantemente los principios de Derecho
Internacional enseñados por los grandes maestros católicos, Vitoria, Taparelli,
etc.
d) cuando se han planteado opiniones discutibles no se han expuesto
en ningún momento teorías estridentes, manteniéndose todos los conversantes
en un tono de sana prudencia, tanto en la vertiente dogmática-moral como
en las implicaciones políticas de los temas de diálogo;
e) la presencia de numerosos teólogos, aparte los componentes de la
Comisión que suscribe, ha dado lugar a frecuentes intervenciones de carácter
teológico, que han aclarado en la marcha de las conversaciones, diversos
conceptos dogmático-morales sobre el pecado colectivo;
f) ha sido altamente edificante el clima de caridad, que ha reinado
entre todos los conversantes, sin dificultad alguna por su distinta nacionalidad
ni por su distinta especialización; caridad que se ha hecho más sensible
cuando, al tratar en la última sesión las responsabilidades colectivas
en caso de guerra, se han estudiado casos concretos relacionados con la
última guerra.
5) Declara en fin, que considera sumamente beneficiosas las dichas últimas
Conversaciones Católicas Internacionales de 1959 sobre el Pecado Colectivo,
porque han servido para que todos los conversantes se hayan enriquecido
tanto en el plazo intelectual por las conversaciones como en otros por
las relaciones estrechadas entre católicos de distintos países.
Todos los miembros de la Comisión de Teólogos aprueban unánimemente
cuanto queda expuesto y firman esta acta en San Sebastián a 12 de Septiembre
de 1.959.
José María GIRARDA; Emilio SAURAS; Jose SAGUES, S.J.
K. Santamariaren oharra: José Mª Setién se adhirió por carta a este
mismo texto ya que no pudo asistir a la reunión.
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